Partager l'article ! Les roms nous interrogent sur l'Avenir de l'Europe - Entretien avec JM Huyghe, Président du SIENAT: ...
"Qui sait que les Roms constituent le premier peuple européen de l’histoire, un des seuls peuples qui n’ait jamais eu la moindre revendication territoriale ? Avec 10 millions de personnes, ils constituent pourtant la minorité ethnique la plus importante d’Europe.
Les Roms des pays de l’Est, sédentarisés, qui rejoignent l’Ouest le font pour raisons économiques mais ne sont pas des “gens du voyage”. Ils cherchent une habitation pour sortir de la misère, gagner de l’argent puis retourner au pays. Et parce qu’ils ne trouvent pas à se loger, ils sont contraints de s’installer dans des bidons-villes. Moins bien adaptés que les gens du voyage, ils vivent de mendicité ou d’activités dérisoires.
Selon Jean-Marc Huyghe, Président du SIEANAT (Syndicat Mixte pour l’Accueil des Gens du Voyage en Haute-Garonne), les attaques contre les Roms permettent de jeter le discrédit sur les gens du voyage eux-mêmes. Moins de 40 % des communes de plus de 5 000 habitants disposent d’aires d’accueil. S’en prendre aux Roms libère une parole xénophobe et sécuritaire qui n’osait pas s’exprimer.
Or, au-delà du discours, les méthodes des “évacuations”, qui rappellent des périodes peu glorieuses, ne respectent pas les Droits de l’Homme. Chacun est appelé à s’imaginer, à 6h du matin, l’irruption de la police chez soi et la séparation brutale d’avec son conjoint, avant une expulsion en force. Une véritable torture morale.
Alors que faire ? Il est d’abord de la responsabilité des élus de créer les aires d’accueil requises par la loi, de porter le débat au niveau national et européen. Car, avec l’extension de l’espace Schengen à la Roumanie et la Bulgarie en 2011, les Roms deviendront inexpulsables.
La question restera donc posée tant que l’Europe n’aura pas harmonisé sa politique d’accueil ni ses niveaux de vie."
Rémi Demersseman-Pradel pour L'Avenir - PS 31
A noter que la conformité à la loi Besson (obligation d'une aire d'accueil) ne suffit pas : il n'y a qu'à voir la gestion destratreuse, par Monsieur 3%, de l'accueil des gens du voyage, en juin dernier.